Des congressistes américains prennent la défense d’Haïti et exigent l’arrêt immédiat des déportation


C’est une bonne nouvelle pour nombreux haïtiens en situation irrégulière aux États-Unis d’Amérique. Dans une lettre adressée, le mardi 7 avril, au département de la sécurité intérieure par 19 congressistes américains, la demande formelle a été faite pour stopper les déportations vers Haïti en cette période de crise sanitaire mondiale.

Ces 19 membres du congrès veulent être les défenseurs de la République d’Haïti, en écrivant le secrétaire d’Etat à la sécurité intérieure par intérim, Chad F. Wolf, ils (les congressistes) ont fait savoir expressément leurs inquiétudes concernant les informations faisant état de l’expulsion de plusieurs haïtiens en situation irrégulière ” Nous vous écrivons pour vous faire part de notre profonde inquiétude par rapport aux informations faisant état de l’expulsion prévue par votre service de migrants haïtiens dans le contexte de la pandémie mortelle de COVID-19 qui se propage rapidement et vous invite à mettre immédiatement un terme aux expulsions pendant toute la durée de cette crise sanitaire mondiale”, précisent-ils dans la lettre.

Les congressmen Frederica S. Wilson, Andy Levin, Karen Bass, Kathy Castor, Yvette D. Clarke, Val B. Demings, Ted Deutch, Lois Frankel, Alcee L. Hastings, Barbara Lee, James P. McGovern, Gregory W. Meeks, Ayanna Pressley, Eleanor Holmes Norton, Donna E. Shalala, Darren Soto, Bennie G. Thompson, Nydia M. Velázquez, Debbie Wasserman Schultz ont par ailleurs dressé un tableau sombre de la situation actuelle du pays. Ils prévoient une situation quasi chaotique du pays si la pandémie du Covid-19 venait à se propager rapidement.

“Comme beaucoup de pays vers lesquels les migrants sont expulsés, Haïti n’a pas les moyens d’assurer la santé publique pour prévenir la propagation du virus ou pour traiter un grand nombre de personnes infectées. Haïti s’efforce de se reconstruire après le tremblement de terre dévastateur de 2010 et d’autres catastrophes dont une épidémie de choléra. De nombreux citoyens n’ont toujours pas accès aux soins médicaux les plus élémentaires, à l’eau et au savon pour le lavage des mains. Il est inadmissible de rapatrier des migrants qui peuvent être involontairement porteurs du virus dans un tel environnement. “Compte tenu des défis actuels d’Haïti, notamment une augmentation probable du nombre d’infections au COVID-19, nous vous demandons instamment de mettre immédiatement un terme aux expulsions”,, peut-on lire dans la lettre.

Les 19 membres du congrès se sont dits particulièrement préoccupés par la propagation du virus parmi les détenus de l’agence américaine qui traque les migrants sans papiers (ICE en anglais), étant donné la proximité, les conditions de vie dans les centres de détention, le manque d’accès aux masques ou autres équipements de protection, et le service n’a pas réussi à fournir des soins de santé adéquats aux détenus. “Des détenus et des employés ont déjà été testés positifs au COVID-19 et il existe un niveau de risque élevé que les migrants expulsés seront porteurs du virus car près d’un cinquième de ceux qui contractent le COVID-19 sont asymptomatiques. Au moins deux détenus qui étaient sous la garde de votre département ont été testés positifs au COVID-19 peu après leur expulsion”, poursuivent-ils.

De plus, ces congressistes américains mentionnent que les déportations à l’heure actuelle seraient à la fois irresponsables et dangereuses et exposeraient presque certainement des millions de personnes dans des pays ayant des infrastructures de santé extrêmement rudimentaires à un risque disproportionné.

Zacharie JEAN MARIE

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