Comment Joe Biden pourrait-il revenir sur l'embargo de Cuba?

Pour la chercheuse Janette Habel, le nouveau président devrait alléger les sanctions économiques contre l’île et soutenir le secteur privé et la société civile, comme l’avait fait Obama.

L’administration Biden n’aura mis que quelques jours avant d’annoncer ses intentions sur ses relations avec Cuba, un pays que Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat de Donald Trump, avait classé parmi les «Etats terroristes» quelques jours avant la passation de pouvoir. «Les citoyens des Etats-Unis, et en particulier les Cubano-Américains, seront les meilleurs ambassadeurs de la liberté à Cuba», annonçait jeudi la responsable de la presse à la Maison Blanche, Jen Psaki. Le premier pas de la nouvelle politique sera donc un allègement des restrictions de voyages vers l’île.


Biden avait en tout cas annoncé pendant sa campagne qu’il allait revenir sur les mesures de restrictions des voyages et des envois d’argent prises par Donald Trump. Ces déclarations lui ont coûté la Floride, un Etat où Obama était arrivé en tête en 2012. On ne peut pas comprendre la politique des Etats-Unis envers Cuba si on oublie le poids électoral de la Floride. Les 29 grands électeurs expliquent l’importance dans le débat interne de cette île qui, avec ses 11 millions d’habitants, ne présente guère d’intérêt économique. Elle explique aussi un embargo économique qui dure de façon irrationnelle depuis bientôt soixante ans.


Cela sera difficile car sa majorité au Sénat est fragile, elle ne tient qu’à la voix décisive de la vice-présidente Kamala Harris. Il suffit d’une seule défection dans les rangs démocrates pour perdre cette majorité. Or, sur la question cubaine, plusieurs élus démocrates s’opposent à toute ouverture. Un exemple : la loi Helms-Burton de 1996 [qui aggrave les sanctions en cas de violation de l’embargo, ndlr] porte les noms d’un démocrate et d’un républicain. Cette loi bloque la possibilité pour le président de revenir sur les sanctions économiques. Il lui faut l’accord du Congrès.


Pour sa part, l’objectif d’Obama consistait à renforcer les classes moyennes et le secteur privé, dans l’idée que cela affaiblirait le pouvoir castriste en suscitant une attirance pour le mode de vie nord-américain. Cette orientation, qui fut déjà celle de Jimmy Carter dans les années 70, sera vraisemblablement celle de Joe Biden.


Certainement, en tant que femme afro-américaine et par ses racines en Jamaïque, une île proche de Cuba. Lors de sa visite historique à La Havane en mars 2016, Barack Obama avait emmené non seulement sa femme Michelle mais aussi leurs deux filles et sa belle-mère ! Dans un pays où les Afro-descendants sont peu nombreux dans les sphères du pouvoir, cette image familiale avait suscité l’empathie de la population.


source:www.liberation.fr

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