Afro-américain mort asphyxié par des agents de polices dans les rues de Rochester, USA.

La colère montait, jeudi, après la publication d’une vidéo montrant comment Daniel Prude, un homme afro-américain, est mort asphyxié par des policiers lors de son interpellation à Rochester dans l’État de New York, un nouvel exemple des abus policiers au cœur d’un mouvement de protestation depuis mai.

L’affaire a refait surface, car la famille vient d’obtenir une copie de la vidéo tournée par les mini caméras que portaient les policiers ce jour-là. Ils étaient intervenus après un appel d’urgence du frère de Daniel Prude, pris d’une crise causée par des troubles psychologiques.

Daniel Prude, un homme noir de 41 ans, est mort le 30 mars dernier, une semaine après avoir été interpellé par la police. La famille a diffusé ce mercredi une vidéo de onze minutes montrant l'arrestation. On y voit Daniel Prude se promener nu dans les rues de Rochester (État de New York), très confus. On y voit également les agents de police lui couvrir la tête d'une cagoule, et le maintenir au sol à plusieurs, jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que l'homme ne bouge plus: Cette capuche de toile est appelée un « spit hood » (capuche à crachat) et vise à éviter qu’un des agents ne reçoive de la salive, car l’homme crache et affirme avoir le coronavirus, selon l’un des policiers.

Les officiers rient et plaisantent à plusieurs reprises lors de l’interpellation.

Tombé dans le coma, l’homme est mort une semaine plus tard, après avoir été hospitalisé. Père de cinq enfants et habitant Chicago, Daniel Prude était à Rochester pour rendre visite à son frère.

L’institut médico-légal a conclu, après autopsie, que le décès relevait d’un homicide, lié à une «asphyxie consécutive à une contrainte physique».

“Combien devront encore mourir?”

“Quand j’ai vu la vidéo, j’ai été très choquée”, a commenté la maire de Rochester, Lovely Warren, qui est afro-américaine, lors d’une conférence de presse mercredi.

L’élue a indiqué que le dossier avait été confié aux services de la procureure de l’État de New York dès les heures qui ont suivi l’interpellation, comme le prévoit la loi locale, pour éviter tout conflit d’intérêts.

«Depuis, nous attendons qu’[ils] décident de la marche à suivre», a-t-elle expliqué. «Malheureusement, cela a pris du temps.»

La procureure de l’État de New York, Letitia James, a confirmé l’existence d’une enquête, sans préciser où en étaient les investigations.

Renvoyant la balle, elle a invité la ville de Rochester et la police locale à mener leur propre enquête.

Jeudi, le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, a réclamé la conclusion de l’enquête «aussi rapidement que possible» et demandé la coopération de la police locale.

«J’ai passé un appel pour que mon frère reçoive de l’aide, pas pour qu’il soit lynché», a déclaré Joe Prude, le frère de Daniel, lors d’une conférence de presse mercredi. Pour lui, il s’agit d’un «meurtre de sang-froid».

«Combien de frères devront encore mourir pour que la société comprenne qu’il faut que ça s’arrête?» a-t-il interrogé.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées, mercredi, pour manifester devant le siège de la sécurité publique à Rochester. De nouveaux rassemblements étaient prévus jeudi, à Rochester, mais aussi à New York.

«Nous n’avons pas fait ce qu’il fallait pour lui», a expliqué la mairesse Warren, lors d’une conférence de presse jeudi, «même après sa mort». «Mais aujourd’hui, nous avons l’occasion de prendre les bonnes décisions, (...) de faire en sorte que cela ne se produise plus.»

Depuis 1964 et des émeutes raciales qui ont entraîné le départ d’une frange significative de la population blanche, les relations sont difficiles entre la police de Rochester et la communauté noire.

Selon les statistiques de l’État de New York, 49% des personnes arrêtées en 2018 dans le comté de Monroe, où se situe Rochester, étaient noires, alors que les Afro-Américains ne représentent que 15% de la population.

Le chef de la police de la ville, La'Ron Singletary, qui est noir, a assuré qu’il n’avait jamais été question de «couvrir» l’incident.

Cette nouvelle affaire intervient après une série d’interpellations brutales de femmes et d’hommes noirs aux États-Unis, dont George Floyd.

La mort de ce dernier, le 25 mai, a provoqué des manifestations dans tout le pays pour protester contre les brutalités policières et dénoncer le racisme dont sont victimes les Afro-Américains aux États-Unis.

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